header-logo.png

ETUDE COMPARATIVE DE LA FERMETURE DES FRONTIERES EN AFRIQUE ET EN OCCIDENT AFIN DE LIMITER LA PROPAGATION DU VIRUS

L'analyse de la réduction des mobilités sur le continent permet de donner un début de réponse à la relative faible propagation du Covid-19 en Afrique.

Les États africains ont pris des mesures préventives fortes. La Guinée équatoriale est le premier pays africain qui a appliqué ces mesures, dès la détection d'un cas de Covid-19 sur son sol, le 12 mars 2020. Les pays africains les plus touchés par l'épidémie au moment de la fermeture de leurs frontières comptaient moins de 100 cas ; seule l'Égypte approchait les 200 (carte ci-dessous). Globalement, plus de la moitié des pays africains ont ordonné la fermeture de leurs frontières alors que moins de dix cas avaient été détectés sur leur territoire. Au total, quinze (15) pays ont pris cette décision avant même la détection d'un premier cas de Covid-19.

À titre de comparaison, des pays occidentaux comme l'Italie, la France et les États-Unis ont pris des mesures similaires lorsque des milliers de cas avaient déjà été détectés sur leur sol.

 

La réactivité des États africains fut donc exemplaire, d'autant que le contrôle des échanges migratoires constitue un réel défi. En effet, les circulations régionales sont fortement ancrées dans le mode de vie des populations et les migrations transfrontalières facilitées par la perméabilité des frontières terrestres et maritimes. Ainsi, en dix jours (du 16 mars au 26 mars), à l'exception du Liberia, tous les pays membres de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest ont fermé leurs frontières.

Jamais depuis sa création, en 1979, cet espace de libre circulation n'avait connu une telle situation. Ces restrictions ont généré des difficultés, des tensions et des situations dramatiques, en particulier pour les migrants. Ainsi, plus de 2 500 migrants en transit au Niger, au Burkina Faso, au Mali et au Tchad ont été bloqués. Certains ont dû être secourus en plein désert.

L'épidémie de Covid-19 a également exacerbé les vulnérabilités et les stigmatisations. À Nador (Maroc), les campements des migrants en transit ont été détruits ; à Bamako (Mali), un camp de déplacés a été détruit par un incendie accidentel ; et au Malawi, deux Mozambicains accusés de propager le virus ont été battus à mort.

Le retour des migrants vers leur pays d'origine a également été entravé. De jeunes Marocains bloqués dans les villes espagnoles de Sebta et Melilla sont parvenus à rejoindre leur pays en empruntant les voies clandestines utilisées habituellement dans le sens opposé.

Plus au sud, des migrants ouest-africains ont dû attendre plusieurs jours pour franchir la frontière entre le Maroc et la Mauritanie. Des émigrés sénégalais, dont trois femmes, en provenance d'Espagne, ont connu la même mésaventure à la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal où ils ont été ensuite confinés dans un « centre de santé, fortement surveillé par les forces de sécurité ». Entre le Togo et le Ghana, les contrôles sont appliqués avec la même rigueur. Plusieurs ressortissants ghanéens ont été arrêtés à la frontière. Ils revenaient du Royaume-Uni, des Émirats arabes unis, d'Afrique du Sud ou des États-Unis via l'aéroport de Lomé.

  • Partager sur: